Le commerce équitable, une alternative au commerce ?
Ces deux dernières décennies, les échanges commerciaux internationaux se sont multipliés aux dépens des pays du Sud, creusant les inégalités entre les hommes et menaçant l'équilibre planétaire.
- Le volume du commerce mondial est aujourd'hui 14 fois supérieur à ce qu'il était en 1950
- Dans le même temps, la planète a perdu environ 30% de ses richesses naturelles
- 1,3 milliard de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté
- 20% des individus les plus pauvres se partagent 1,1% du revenu mondial
Des millions d'ouvriers et de petits cultivateurs ne jouissent pas des droits fondamentaux tels que les moyens de nourrir leur famille, d'envoyer leurs enfants à l'école et d'investir, ne serait-ce que très modestement, dans un avenir durable. 
Les ouvriers agricoles des plantations sont logés à la même enseigne. Eux non plus ne bénéficient pas des avantages du commerce international. Ils touchent un salaire de misère, travaillent sans sécurité et vivent dans des conditions épouvantables. Souvent, ils sont privés de la liberté d'affiliation à un syndicat, de sorte qu'ils ne peuvent défendre leurs droits. Ils n'ont donc aucune chance de pouvoir participer aux décisions qui influencent leur vie sur la plantation.
Une grande partie des produits alimentaires que nous consommons au quotidien provient de ces petits producteurs des pays du Sud.
Le cacao, le café, le riz, les oranges, etc. sont principalement issus de l'agriculture familiale. Par exemple, 80% de la production mondiale de cacao et 70% de celle de café proviennent de petits producteurs qui ont moins de 5 hectares.
Malgré l'accès de leurs produits aux circuits d'exportation, la vie des petits producteurs des pays en développement est le plus souvent marquée par la précarité. Les prix internationaux des matières premières sont instables et peu rémunérateurs.
L'agriculture paysanne dans les pays du Sud n'est soutenue par aucune politique agricole. Elle est confrontée directement à la concurrence d'agriculture de plus forte productivité. La chute constante des prix agricoles réduit les ruraux à l'exode et à la pauvreté.
Pourtant, cette agriculture paysanne offre une production diversifiée pour l'alimentation des villes. Elle est capable d'assurer une gestion durable des ressources naturelles et des paysages, et créée de l'emploi en milieu rural. Le travail et les savoir-faire de milliers de paysans dans le Sud permettent de répondre aux marchés d'exportation et nous offrent la possibilité de savourer d'excellents produits.
Lorsqu'elle rencontre des conditions favorables, l'agriculture paysanne est une voie de développement pertinente qui sait répondre aux besoins économiques, sociaux et environnementaux.
Le commerce équitable a pour ambition de contribuer à créer ces conditions favorables.
(sources : Max Havelaar et Ethiquable / photo: Victor, producteur de café- Equateur)